Quand mon père était petit, l’audiovisuel se limitait à un poste de radio dans la cuisine, une télé en noir et blanc visionnée à plusieurs chez un voisin et une fois ou deux par an, un passage par le cinéma du coin. En 50 ans, avec l’avènement du numérique, ce paysage a explosé : vidéo on demand, plateformes de streaming, podcast, Youtube, et j’en passe. Il était donc temps que la Belgique francophone puisse fixer un cap en la matière.

Le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, par la voie de sa Ministre des médias Ecolo, Bénédicte Linard, a mis sur la table un projet de décret concernant la refonte du paysage audiovisuel belge francophone. Le texte transpose un cadre européen, plus connu sous le nom de « Directive pour les Services de médias audiovisuel » (SMA) dont voici les principales nouveautés :

L’objectif de ce texte de plus de 200 pages est de dessiner les contours du paysage audiovisuel pour les prochaines années. Il aborde ainsi plusieurs aspects :

  • Le pluralisme des médias et l’inclusion des nouvelles plateformes numériques dans le champ d’action de la Belgique francophone, comme par exemple Disney +, Netflix ou d’autres.
  • La création d’un mécanisme de contribution financière à la production audiovisuelle de ces plates-formes.
  • Les balises fortes pour lutter contre les stéréotypes et la haine dans les contenus audiovisuels, notamment via l’interdiction ferme de certains contenus illicites et un renforcement de la protection des mineurs.
  • Un cadre clair en matière de publicités commerciales. Notamment l’établissement d’une règle maximale de 20% de publicité par heure, ou l’interdiction d’interruption de programmes d’information avec de la publicité commerciale.
  • La transformation du réseau de « télévisions locales » en un réseau de médias de proximité, tenant compte dès lors de leurs développements numériques.
  • La création de quotas de diffusion d’oeuvres à la fois européennes, et à la fois belges francophone, en vue de favoriser la diversité culturelle.
  • Le renforcement du fonds pour la production de séries belges francophones.

Bien d’autres mesures viennent finalement faire ce que l’on attend depuis très longtemps : donner un cap, une direction au développement de l’audiovisuel belge francophone, à la fois en intégrant de nouveaux acteurs comme Netflix et les influenceurs, tout en mettant la lumière sur nos talents créatifs belges.

Il s’agit également d’un renforcement démocratique visant à garantir les droits à la culture, à l’information et au divertissement tout en protégeant les citoyen.ne.s.

Une belle avancée donc, qui va sans aucun doute offrir de nouvelles bases au paysage audiovisuel belge.

 

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