Dans les cabinets médicaux comme ailleurs, les femmes queer, lesbiennes et bisexuelles sont confrontées aux préjugés. Il s’agit par exemple du fait de ne pas pratiquer des dépistages des infections sexuellement transmissibles. Or, les femmes ayant des relations avec des femmes auraient trois fois plus de risque de contracter une IST que les femmes hétérosexuelles, mais beaucoup de médecins l’ignorent car, encore et toujours, on pense et on enseigne le rapport sexuel de façon hétéronormée.

En séance du Parlement le 12 juillet 2021, la Ministre de l’enseignementValérie Glatigny s’est engagée à transmettre mes préoccupations aux différents doyens de facultés des établissements de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Il y a donc un réel problème au niveau de la formation de nos médecins. Ce sont d’ailleurs les associations telles que « O’Yes » ou « Tels Quels » qui essayent de palier à la situation en dispensant des formations à des généralistes, des gynécologues et des psychologues. Depuis peu, ces associations proposent un module aux assistants en médecine générale de l’UCLouvain. C’est un cours à option, en ligne, de 3 heures (+ 3h sur la santé des hommes homosexuels et 3h sur celle des personnes transgenres). Il est pourtant regrettable qu’un tel cours soit considéré optionnel.

Car la prise en compte par les psychologues et les médecins de l’orientation sexuelle de leur patiente est primordiale pour pouvoir assurer une prise en charge globale de qualité. Si la prise en compte des pratiques sexuelles d’une patiente permet, entre autres, de mieux dépister les IST, il est également important de savoir que les lesbiennes présentent d’autres spécificités de santé dont les professionnels n’ont pas encore pris toute la mesure. Les lesbiennes souffrent en effet davantage de stress et d’anxiété dû à l’anticipation des discriminations, ce qui engendre un épuisement psychique et parfois un risque plus accru de dépression et d’addiction, avec les autres soucis de santé qui en découlent.

Poser la question de l’orientation et des pratiques sexuelles, se montrer ouvert aux questions relatives à la vie des personnes LGBTQIA+, et utiliser un langage inclusif permet aussi d’éviter que les patientes ne sortent des parcours de soins, qu’elles ne consultent plus par peur d’être mal reçues ou systématiquement renvoyées à une norme hétéro.

Beaucoup d’étudiants en médecine sont demandeurs d’avoir de tels cours dans la formation commune, et des médecins sont déjà sensibilités aux questions liées à la sexualités des femmes ayant des relations avec des femmes, j’en veux pour preuve une liste de généralistes, gynécologues et psychologues dits « lesbo friendly » alimentée par les lesbiennes elles-mêmes. Encore une fois, les lesbiennes se voient dans l’obligation d’effectuer un travail complémentaire pour un accès aux soins qui devrait être universel et inconditionnel.

Aller plus loin

Santé des lesbiennes : mythes et réalités – https://federation-lgbt.org/fichierUploader/ILGA_Lesbians_Health_Myths_Realities_FR.pdf 

Méconnaissance, stéréotypes et préjugés dans le milieu médical : le danger pour la santé des lesbiennes (RTBF) – https://www.rtbf.be/info/societe/detail_meconnaissance-stereotypes-et-prejuges-dans-le-milieu-medical-le-danger-pour-la-sante-des-lesbiennes?id=10776675

Le focus de cette intervention au Parlement est volontairement limité à la question des femmes lesbiennes, queer et bisexuelles, ce qui ne signifie évidemment pas que les autres minorités de genre, comme les homosexuels et les personnes trans ne sont pas victimes de préjugés. 

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