La ville est le théâtre constant d’harcèlement sexuel en rue. Ce harcèlement touche généralement les jeunes et plus spécifiquement les filles. Il est temps de faire bouger les lignes et s’approprier cet espace public partagé pour toutes et tous ! Ce 8 février dernier, un événement en ligne – G500 – organisé par l’organisation Plan international (qui veille aux droits de l’enfant) a regroupé 500 jeunes belges et espagnols pour débattre ensemble à la suite du programme SaferCities. Leur but ? Rendre la ville plus sûre et plus inclusive.

Parler et partager, quantifier et analyser, entre autres, agir ! Avec ce programme, c’est toi qui peux agir ! Le programme SaferCities qui est soutenu par la Commission Européenne a pour but de rassembler des données dans le but de faire bouger les choses ! Leur plateforme digitale alimentée par des « Champion.ne.s du Changement » permet de signaler sur une carte où tu te sens en (in)sécurité, grâce à ces précieux données des solutions peuvent être apportées pour cartographier et dénoncer le harcèlement de rue. Déjà mis en place à Bruxelles, Charleroi et Anvers en Belgique, ce programme s’étend dans plusieurs villes du monde. Voici quelques données édifiantes (concernant la Belgique) mises en avant par SaferCities. 91% de filles et 28% de garçons ont été victimes de harcèlement sexuel de rue. 79% de filles sont régulièrement victimes de regards insistants et 62% de remarques sur leur apparence. 1 fille sur 5 a déjà subi des attouchements non consentis. A la lecture de ces chiffres, avouez qu’il y a un problème !

Ce problème, il a été pris en compte et au sérieux lors de l’événement « G500 ». Ces 500 jeunes belges et espagnols, ont pu échanger et débattre autour de cinq thèmes, dont les transports publics et l’éducation. Ils ont passé en revue 25 recommandations et en ont voté 5 principales à la fin de l’événement :

  • Participation des jeunes : Développer une plateforme en ligne où les jeunes peuvent donner leurs opinions et proposer des solutions.
  • Sensibilisation : Créer un cours spécifique sur l’égalité de genre qui serait inclus dans le programme scolaire à tout niveau pour parler de discriminations, privilèges, sexualité et de violence de genre (tel que le harcèlement de rue).
  •  Éducation : Présence de professionnel.les, tel·le que des psychologues et accès facile à un soutien émotionnel dans les écoles.
  • L’espace public : Implémenter des « espaces refuges » dans les zones de loisirs, installer des affiches et des panneaux expliquant comment lutter contre le harcèlement sexuel (en tant que témoin).
  •  Transports publics : Mettre en place un numéro d’urgence ciblant le harcèlement sexuel dans les transports publics, permettant une intervention rapide des services de sécurité.

Du côté d’Ecolo, la question de l’égalité dans l’espace public a déjà trouvé quelques pistes de solutions :

  • Le besoin de statistiques sur le phénomène est indéniable : on ne peut pas résoudre un problème dont on ne connait pas l’ampleur. Il est important de quantifier : combien de plaintes sont déposées ? Combien ne portent pas plainte, justement ?
  • Il faut améliorer l’accueil et le suivi des victimes en posant les bonnes questions pour éviter les maladresses, telle que des remarques sur la tenue de la victime, résultant d’un manque de formation sur le sujet du sexisme.
  • Encourager les visites de terrain avec des femmes et favoriser un aménagement de l’espace public sous le prisme du genre (éclairage, visibilité, urinoirs). Construire la ville par les femmes et pour les femmes pour identifier des éventuelles difficultés. Cela passe également par la formation d’architecte et de l’administration sensibilisés aux questions de genre et de sexisme de rue.
  • Promouvoir la formation des agents de terrain (police, steward) aux violences de rue pour accroître la vigilance autour de ces questions.
  • Il faut questionner chaque investissement financier dans l’espace public sur la question du genre et se poser les bonnes questions : 500 000€ pour aménager une place, quoi profite à qui ?

Cet événement n’était pas une fin en soi, au contraire, il ne représente que le début d’un chemin (plus sûr) pour que parcourir la ville soit libre pour tout.e.s et non plus courageux !

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