L’enseignement supérieur n’est pas épargné par le harcèlement : remarques verbales sexistes ou discriminantes, a​bus physiques voire sexuels,​ ​violences psychologiques, etc.​ Tantôt entre étudiant.e.s, parfois avec des professeurs ou entre travailleurs, ces phénomènes sont aussi nombreux que multiformes. Mais il est fondamental, malgré leur caractère complexe, de mettre tout en place pour les empêcher. Ces dernières années, de nombreuses voix se sont élevées via #BalanceTonFolklore pour dénoncer ce phénomène bien réel, mais jusqu’à lors très peu médiatisé. L’occasion pour Ecolo de faire bouger les lignes puisqu’après des mois de travail, nous déposons au Parlement, avec mon collègue Rodrigue Demeuse, un projet pour lutter contre le harcèlement dans l’enseignement supérieur et universitaire.

Le projet de résolution déposé en juillet 2021 est à consulter ici.

Des cas, en veux-tu, en voilà

Les formes de harcèlement dans l’enseignement supérieur sont diverses. On peut par exemple citer les remarques sexistes ou discriminantes durant un examen avec un jury ou durant une entrevue dans le bureau d’un membre du personnel ; les situations de pouvoir sur les étudiants, par exemple pendant l’encadrement d’un stage, d’un mémoire ou d’un doctorat ; les discriminations entre étudiants ; ou encore les abus liés à l’apparence et au physique, en particulier dans les écoles d’art. Lorsque l’on commence à s’interroger sur le sujet, ce ne sont pas les témoignages qui manquent. Ces comportements peuvent viser le genre de la victime, son origine, statut social, éventuel handicap, orientation sexuelle, apparence physique, religion, etc. 

La difficulté du harcèlement dans l’enseignement supérieur, c’est qu’il peut se développer dans des lieux et des contextes très divers et parfois difficiles à contrôler : au moment d’un cours dans une classe ou un amphithéâtre, sur le forum en ligne de l’établissement, lors d’une fête étudiante sur le campus, lors d’un rendez-vous entre un.e professeur et un.e élève, etc. À cela s’ajoutent le manque actuel de suivi des signalements et parfois l’inexistence de mesures pour y répondre.

 

Quantité de cas, oui, mais aucune données

Le manque de données statistiques dont nous disposons en Belgique contribue à invisibiliser le problème. Mais pourtant, il semble qu’une grande majorité de personnes ayant fréquenté l’enseignement supérieur a au moins une fois été témoin, voire victime, d’une de ces catégories de harcèlement.

Selon des études réalisées en Australie et aux Etats-Unis, 25% des étudiantes dans l’enseignement supérieur ont subi des violences sexistes et 20% des étudiants ont été victimes de harcèlement sexuel. Les personnes les plus touchées sont les femmes (elles sont 2 fois plus touchées que les hommes et commettent seulement 30% des agressions sexuelles) et les personnes LGBTQIA+ (iels sont 45% à rapporter des problèmes de harcèlement).

C’est pourquoi Ecolo et les membres de la majorité du Parlement ont déposé un projet qui comprend plusieurs pistes de solutions qui devront être mise en place pour prévenir et lutter contre le harcèlement des étudiants :

  • Faciliter le dépôt des signalements dans chaque établissement et en dehors :
    • Imposer à chaque établissement de l’enseignement supérieur de créer, quand ce n’est pas déjà fait, un dispositif de référence ;
    • Offrir une voie de recours externe pour que les étudiant·e·s victimes soient accueilli·e·s, conseillé·e·s et accompagné·e·s dans les cas où cet accompagnement n’est pas possible ou souhaité par l’étudiant·e
  • Informer et sensibiliser les établissements, le personnel et les étudiant.e.s, au sujet du harcèlement, afin d’identifier les comportements problématiques et de réagir de manière efficace. Agir à la fois pour informer les victimes, sensibiliser les témoins et dissuader les auteurs.
  • Adopter un cadre légal spécifique pour mieux protéger les étudiants (applicable à l’enseignement supérieur concernant la protection contre la violence et le harcèlement moral ou sexuel, notamment en vue d’intégrer ces questions dans les règlements des études et des examens).
  • Lancer une étude scientifique et un suivi pour mieux comprendre le phénomène (et ses différentes formes. Répertorier les initiatives existantes permettant de lutter contre le phénomène. Dresser la liste des profils des principales victimes et les circonstances qui favorisent les abus pour mieux construire les solutions).

Il est urgent de réagir, tant pour le bien-être de nos étudiants que pour la qualité de notre enseignement.

Pour aller plus loin :

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