Tout comme d’autres lieux et institutions, l’enseignement supérieur n’est malheureusement pas un lieu épargné par le harcèlement. Ces dernières années, de nombreuses voix se sont levées pour dénoncer ce phénomène bien réel mais qui ne fait pourtant pas l’objet de suffisamment d’attention.

 

Les formes de harcèlement dans l’enseignement supérieur sont diverses. On peut par exemple citer les remarques sexistes ou discriminantes durant un examen avec un jury ou durant une entrevue dans le bureau d’un membre du personnel ; les situations de pouvoir sur les étudiants, par exemple pendant l’encadrement d’un stage, d’un mémoire ou d’un doctorat ; les discriminations entre étudiants ; ou encore les abus liés à l’apparence et au physique, en particulier dans les écoles d’art. 

Ces comportements peuvent viser le genre de la victime, son origine, statut social, éventuel handicap, orientation sexuelle, apparence physique, religion, etc.

La difficulté du harcèlement dans l’enseignement supérieur, c’est qu’il peut se développer dans des lieux et des contextes très divers et parfois difficiles à contrôler : au moment d’un cours dans une classe ou un amphithéâtre, sur le forum en ligne de l’établissement, lors d’une fête étudiante sur le campus, lors d’un rendez-vous entre un.e professeur et un.e élève, etc. À cela s’ajoutent le manque actuel de suivi des plaintes et la non-existence de mesures pour y répondre.

 

Le manque de données statistiques dont nous disposons en Belgique contribue à invisibiliser le problème. Mais pourtant, il semble qu’une grande majorité de personnes ayant fréquenté l’enseignement supérieur a au moins une fois été témoin, voire victime, d’une de ces catégories de harcèlement.

Selon des études réalisées en Australie et aux Etats-Unis, 25% des étudiantes dans l’enseignement supérieur ont subi des violences sexistes et 20% des étudiants ont été victimes de harcèlement sexuel. Les personnes les plus touchées sont les femmes (elles sont 2 fois plus touchées que les hommes et commettent seulement 30% des agressions sexuelles) et les personnes LGBTQIA+ (iels sont 45% à rapporter des problèmes de harcèlement).

C’est pourquoi Ecolo propose plusieurs pistes de solutions pour prévenir et lutter contre le harcèlement des étudiants :

  • Lancer une étude scientifique pour mieux comprendre le phénomène et ses différentes formes. 
  •  Informer et sensibiliser les établissements, le personnel et les étudiant.e.s au sujet du harcèlement, peu importe sa forme, afin d’identifier les comportements problématiques et de réagir de manière efficace.
  •  Faciliter le dépôt des plaintes, via une cellule unique indépendante visant à accompagner les victimes, ainsi que la généralisation de cellules spécifiques et de personnes de contact dans chaque établissement.
  •  Adopter un cadre réglementaire spécifique concernant la violence et le harcèlement moral ou sexuel dans l’enseignement supérieur.

Il est urgent de réagir, tant pour le bien-être de nos étudiants que pour la qualité de notre enseignement.

 

Pour aller plus loin :

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