Aujourd’hui, j’interrogeais le Ministre Clerfayt sur la question de l’open data, des logiciels libres et la place des femmes dans le numérique.

Aujourd’hui, si vous sortez votre smartphone et que vous faites un itinéraire avec Google
Maps, l’application vous montre sobrement l’offre de transports en commun. Mais si vous êtes attentif, elle met bien davantage en évidence les itinéraires en trottinettes électriques Lime, ou encore les trajets Uber.

Ce phénomène montre l’importance de la question de la souveraineté des données et de leurs implications démocratiques. Car en effet, il est tout à fait logique pour Google Maps de pousser à la visibilisation de leurs partenaires commerciaux, Lime et Uber dans lesquels ils
ont investis, plutôt que des services publics. Logique, certes, mais très dérangeant pour nous, en tant que pouvoir public.

Si l’Open Data a le vent en poupe depuis plusieurs années, c’est parce qu’elle vient chambouler les plans des géants du numérique. Et ses objectifs sont multiples :

Remettre symboliquement dans les mains des citoyen.ne.s des données qui sont
publiques ;

  • Améliorer l’efficacité de l’action publique, et donc faciliter la vie des citoyen.ne.s ;
  • Stimuler le développement de projets (que ça soit des projets de développement ou
    de recherche) ancrés dans notre territoire grâce à la disponibilité de ces données ;
  • Améliorer l’interopérabilité des organisations et donc encourager des outils et
    services plus complets.

La semaine du 7 au 14 octobre se tenait dans toute l’Europe la « Code Week », c’est-à-dire la semaine du “codage” informatique. Le focus choisi à Bruxelles par le réseau « Women In Tech » était celui des femmes en informatique avec la troisième édition du « Women Code
Festival ». Ce faisant, l’un des objectifs de “Women in tech” était d’attirer à nouveau l’attention sur la question de l’extrême sous-représentation féminine dans le secteur.

Selon l’OCDE, le secteur des technologies de l’information et de la communication promet la création de 900.000 emplois en Europe d’ici 6 ans. Le tournant numérique apparaît dès lors comme un enjeu crucial et une véritable opportunité économique et sociale. La révolution
numérique et notamment les outils de l’intelligence artificielle vont révolutionner le monde de l’emploi et transformer en profondeur de nombreux métiers. Chaque composante de la société doit pouvoir y prendre part pour construire le monde de demain. Dans cette perspective, garantir l’implication des femmes, soit 50,8% de la population, dans ces secteurs s’avère indispensable.

Force est de constater qu’à l’heure actuelle les femmes se tournent majoritairement vers les formations et métiers du social ; les filles ne représentent que 8% des inscriptions dans les écoles d’informatique, contre 75 % dans les écoles consacrées à la santé et au social à Bruxelles [statistiques IBSA]. En parallèle, les statistiques annoncent 15 à 20% de femmes dans le secteur des TIC, si prometteur.

Les entreprises et plus encore, les pouvoirs publics, doivent prendre leurs responsabilités et faire en sorte que les femmes se tournent à l’avenir vers des métiers encore trop souvent perçus aujourd’hui comme “masculins”. Il est indispensable d’agir sur tous les tableaux en
parallèle :

  • Travailler au changement culturel et à la perception de ces métiers dès le plus jeune
    âge ;-
  • Mettre en avant les femmes qui se lancent dans ces carrières et peuvent incarner un
    “modèle”, ainsi que susciter des vocations ;
  • Organiser des campagnes de communication visant à encourager la présence
    féminine dans ces métiers ;
  • Travailler, avec les entreprises, pour intégrer la question du genre dans leurs
    recrutements ;

Monitorer systématiquement et régulièrement la présence des femmes dans les formations et les emplois liés aux TIC dans notre Région. Un autre aspect qui est, selon les écologistes, fondamental est la question du cadre offert aux femmes qui se lancent dans ces carrières et formations. Je parle ici en tant que femme ayant travaillé plusieurs années dans le milieu : la question du harcèlement est un élément qui décourage beaucoup de femmes à se lancer dans ces carrières. Il est dès lors de notre devoir de travailler avec les employeurs sur l’élaboration et le respect de balises permettant de garantir un cadre de travail bienveillant. Si des initiatives comme le « Women Code Festival » ou, plus modestement, l’écriture inclusive sur le site de Bruxelles formation, sont des premiers pas pour encourager la présence des femmes dans le secteur des TIC, nous devons travailler sur des outils et actions concrètes pour aller de l’avant et permettre aux femmes de participer à la révolution numérique.

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