J’ai visité l’expo Wonderland de Akay et Olabo, un duo suédois d’artistes dissidents issus du monde merveilleux de l’exploration urbaine. C’est l’histoire de deux cowboys fous qui font entrer la désobéissance au musée. Découverte.

Infos pratiques :

  • du 26/01 au 22/04
  • mercredi au dimanche de 10 à 18h
  • ticket standard : 9,5€
  • www.mimamuseum.eu 
« We got towoplasma », slogan composé par des morceaux de bâches volées.   

Wonderland ou l’art de la rébellion est une tentative ludique de lutter contre la routine, imaginée par 2 artistes suédois issus du graffiti connus sous les pseudonymes d’Akay & Olabo. L’exposition nous plonge dans leurs aventures urbaines faites d’explorations interdites au sein de lieux laissés à l’abandon. – Brussels Museums

L’idée, selon laquelle dès que l’art pousse la porte du musée, il en devient de facto un peu conventionnel, résonne souvent quand on visite des expositions d’art subversif. Un peu comme si toute œuvre exposée en ressortait privée de son piment, au profit d’un résultat lisse et frelaté.

Akay et Olabo ont pourtant réussi leur entrée au MIMA. Ici, vous ne trouverez que des matériaux volés, récupérés, dénichés, un peu partout, dans des lieux abandonnés. Et ça se sent.

La carte des explorations urbaines est reliées à des anecdotes sur leurs aventures, ainsi qu’aux clés de chaque lieu.

En fait, la touche ludique de cette expo, c’est de déjouer les codes du musée. Ici, l’interactivité n’est pas un vague argument marketing comme c’est souvent le cas dans les expos d’art moderne. Souvent, on plante le visiteur devant une œuvre, et on l’invite très scolairement à l’activer. « Appuyez ici pour déclencher de l’interactivité ». Mouais. Au MIMA par contre, c’est un peu le bordel. Dès le premier portique passé – avec une excellente entrée en matière que je ne vous dévoile pas -, c’est une invitation manifeste au jeu et au défi. L’exposition entière est une expérimentation : on touche, on démonte, on brave les interdits, on gravit des échelles, on pousse des portes, et on participe.

Des dizaines de cadenas fermés doivent être débloqués par les visiteurs qui se relaient et notent dans un carnet les combinaisons déjà essayées.

D’ailleurs, la fin de Wonderland fait tomber brutalement le visiteur dans l’expo permanente – qui est magnifique, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit ! Comme quand on dessaoule brutalement en soirée : on se demande un peu ce qu’on fout là, et on essaye de comprendre ce qu’il vient de se passer.

Avis aux explorateurs urbains du dimanche, curieux et insoumis, vous allez vous amuser.

Exposition permanente / Mauvaise Graine, Elzo DURT, 2009

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