Le Concours Eurovision est historiquement un espace de rencontre culturelle, de coopération entre les peuples et de promotion de valeurs communes telles que la paix, le dialogue et la diversité. Pourtant, récemment, les organisateurs ont décidé de permettre la participation de l’Etat d’Israël, malgré le génocide en cours à Gaza et les agressions récente de l’Etat au Moyen-Orient. Difficile de ne pas voir une contradiction avec les principes affichés. Dans ce contexte, la décision de la RTBF de maintenir la participation de la Belgique est critiquable. Elle est toutefois soutenue sans réserve par le MR et Les Engagés, dont plusieurs ministres — dont Jacqueline Gallant — assument leur appui à cette grande fête. Pour Ecolo : c’est un grand NON !

À l’heure où plusieurs pays ont décidé de boycotter l’Eurovision en raison du génocide en cours à Gaza, et alors qu’un sondage montre qu’une majorité de Belges s’oppose à cette participation, la décision des dirigeants de la RTBF de maintenir la présence de la Belgique est difficilement compréhensible. Elle fait fi des signaux d’alarme : ONU, Cour internationale de justice, Cour pénale internationale, Amnesty International… tous dénoncent des violations graves et répétées du droit international et des droits fondamentaux des Palestiniens. Et pendant que ces alertes s’accumulent, un mandat d’arrêt international vise le dirigeant de l’État israélien.

Les dirigeants de la RTBF ont confirmé la participation en invoquant la vocation culturelle, et non politique, du Concours. Mais peut-on réellement distinguer culture et politique ? Cet argument semble de toute façon à géométrie variable, puisque la guerre en Ukraine a amené à l’exclusion de la Russie du concours. Et puis platement : dire que la culture n’est pas politique, c’est comme prétendre qu’un arbitre n’influence pas le match? Ne rien faire, ne pas siffler une faute, c’est prendre position.

La RTBF exerce ici une mission qui dépasse la simple diffusion de contenus culturels. Elle participe à la représentation internationale de la Belgique et se doit donc d’agir dans le respect des engagements internationaux, en particulier en matière de prévention des crimes les plus graves et de promotion des droits humains.

Pour toutes ces raisons, les écologistes ont déposé un texte au Parlement, demandant à la RTBF de reconsidérer sa participation, tant les violations graves et documentées du droit international par le gouvernement israélien s’accumulent et suscitent des dénonciations. Faisant ainsi écho aux voix qui se sont élevées, y compris au sein même de la RTBF, mais aussi du côté d’organisations de journalistes, d’acteurs culturels et de la société civile, appelant à ne pas faire comme si de rien n’était.

A travers cette initiative, il s’agit de refuser l’indifférence et d’affirmer une exigence de cohérence entre les valeurs que nous prétendons défendre, nos engagements internationaux et les décisions que nous prenons en tant qu’acteurs publics.

Sans surprise, la majorité MR-Engagés a choisi de rejeter cette proposition.

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