Jeudi matin, vous m’avez peut-être entendu parler du Tout Nouveau Testament de Jaco Van Dormael « dans le poste », en direct sur Pure FM !

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Hier, j’ai vu un film du feu de Dieu. Hier j’ai vu, Le Tout Nouveau Testament au cinéma.

Ca faisait un mois que je trépignais, un mois que tout le monde parlait « du tout nouveau Benoit Poelvoorde », un mois que je disais « les gars, sinon, le cinéaste, c’est Jaco Van Dormael, vous voyez, Le Huitième Jour ? Mr Nobody ? ».

Maintenant une chose est certaine, on oubliera plus ce Dieu du cinéma, justement.

Ce que j’ai aimé :

L’univers un peu féerique et la douce rêverie qu’offre ce film. Comme souvent chez Jaco Van Dormael, on est dans un monde d’enfants (l’histoire est racontée par une enfant), tantôt naïf, tantôt extrêmement cru et lucide. La petite Éa, héroïne du film, va ainsi se faire battre violemment par son père, Dieu. Quelques secondes plus tard, elle prend sa grande décision « Je vais me venger. Je vais lui pourrir la vie comme il a pourri la mienne ». Je dois dire que si vous avez aimé Toto du film Toto le Héros (1990), vous aimerez sans doute Éa, la gosse du Tout Nouveau Testament. Bref, l’ambiance est un peu magique, et on nage dans une sorte de sur-réalité, à la Jean Pierre Jeunet (Amélie Poulain) ou à la Michel Gondry (L’Ecume des jours, La Science des Rêves). Les plans sont impeccables et chacun pourrait facilement finir dans un cadre au mur de mon salon.

Ce que j’ai aimé, aussi, c’est les effluves de noir-jaune-rouge du film. Bienvenue en Belgique (comme dirait la chanson) : on y voit des décors connus, on y entend des accents familiers. Jaco Van Dormael filme Bruxelles avec beaucoup de douceur et de technique. Si je vomis la belgitude en général, en ce qu’elle peut avoir de grotesque, quand elle est menée subtilement, il faut avouer qu’elle a du charme.

L’humour est comme on l’aime : absurde et parfois acide. Vous l’aurez compris : Jaco est un marrant, inspiré tantôt du burlesque, tantôt de l’humour British (plus c’est gros, plus ça passe). Ainsi, à la moitié du film, Dieu se fait violemment chasser d’une Église, en même temps que des sans-papiers afghans. Oh, ironie.

Les spectateurs attentifs se régaleront des multiples clin d’œil : un joli (et tragique !) cameo de Jaco et de Thomas Gunzig (qui a co-écrit le film), une allusion au Huitième Jour (1996) avec Pascal Duquenne, une séquence tout droit sortie du spectacle Kiss and Cry et bien d’autres surprises.

Bref, un film tellement gros qu’il en devient subtil, tellement grossier qu’il en devient poétique, tellement belge qu’on lui souhaite de conquérir le monde (et l’enfer et le paradis, tant qu’à faire).

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